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Ça se joue dans la cour : un Édubref sur la récréation à l’école primaire

Pause accordée entre deux heures de classe, temps de dépense physique, espace de liberté enfantine : les souvenirs, représentations et finalités de la récréation s’avèrent pluriels et débattus. Derrière la familiarité de cet espace-temps se cache un objet de recherche aux contours incertains, dont les formes évoluent aujourd’hui sous l’effet des préoccupations liées aux bien-être et à la sécurité des élèves et au réaménagement des cours d’école.

Dans la continuité de l’Édurevue n° 153 Panorama de la forme scolaire : faire l’école primaire autrement ?, l’Édubref n°31 La récréation à l’école primaire : ce qui se joue dans la cour s’intéresse à un espace-temps emblématique de la forme scolaire : la récréation. Il explore les tensions constitutives de ce moment et de ce lieu centraux de l’expérience scolaire.
Il revient d’abord sur la construction historique de la récréation, entre temps réglementé et liberté enfantine. Pensée dès le XIXᵉ siècle comme une pause nécessaire à la régulation des corps et de l’attention, la récréation demeure durablement traversée par une tension entre surveillance et finalité éducative d’autonomisation des élèves.

Ce numéro examine ensuite la récréation comme temps de socialisation et espace de hiérarchisation des relations entre élèves. Différentes recherches montrent en effet que les enfants y construisent des formes de sociabilité spécifiques, une véritable « culture enfantine » (Delalande, 2001[1]), à travers leurs jeux, leurs règles et les interactions entre pairs. Mais la cour se lit aussi comme un espace structuré par des rapports de force, des hiérarchies de genre et des usages différenciés .

Enfin, cet Édubref interroge les paradoxes entre logique de contrôle et redéfinition contemporaine de la cour de récréation comme lieu de vie. Les questions de sécurité, de surveillance ou de harcèlement coexistent aujourd’hui avec de nouvelles réflexions sur le bien-être, la végétalisation, la diversification des usages et les réaménagements des espaces scolaires.

 

[1] Delalande, J. (2001). La cour de récréation : pour une anthropologie de l’enfance. Presses universitaires de Rennes.

 

Pour télécharger l’Édubref n° 31  « La récréation à l’école primaire : ce qui se joue dans la cour » :

 

Pour aller plus loin :

  • Pour télécharger l’Édurevue n° 153 « Panorama de la forme scolaire : faire l’école autrement» : cliquez ici
  • Retrouvez l’ensemble des publications de l’équipe Veille et Analyses en cliquant ici

Éduvox : quelles recherches pour comprendre la Forme scolaire ?

L’équipe Veille et Analyses poursuit son ambition de rendre plus accessibles les recherches en sciences de l’éducation avec la parution d’une nouvelle chronique Éduvox.

Aux côtés des chroniques des différentes équipes de l’IFÉ (Lieux d’Éducation Associés à l’IFÉ (LéA-IFÉ), projet college + , Kadékol) la troisième pastille sonore Éduvox est à découvrir dans l’épisode d’avril 2026 du podcast IFÉ Quoi de nouveau ?, diffusé sur la webradio Kadékol. Elle accompagne la sortie de l’Édurevue n°153, « Panorama de la forme scolaire : faire l’école autrement. »
Cette chronique prend appui sur un concept central des sciences de l’éducation et de la sociologie de l’école, celui de « forme scolaire ». Forgé pour désigner une manière historiquement située d’organiser les temps, les espaces, les relations pédagogiques et les modalités de transmission des savoirs, ce concept permet de mettre à distance ce qui parait familier dans l’expérience scolaire ordinaire.

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La forme scolaire à l’épreuve du XXIᵉ siècle : quelles recompositions à l’école primaire ?

Comment la forme scolaire héritée du XIXᵉ siècle façonne-t-elle encore l’école primaire aujourd’hui ? Cet article présente l’Édurevue n° 153, qui analyse les fondements et les recompositions de ce modèle face aux enjeux de transformation de l’école contemporaine.

Classes d’âge séparées, salles fermées, emplois du temps morcelés, bureau face aux rangées d’élèves : cette manière d’organiser l’école, d’abord décrite par des sociologues de l’éducation sous le terme de « forme scolaire » (Vincent, Lahire et Thin, 1994), s’est depuis imposée comme un repère dans de nombreux travaux en sciences de l’éducation. Apparue progressivement entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle, cette manière d’organiser l’enseignement continue de structurer l’ensemble du système éducatif. Dans cette Edurevue, nous nous intéressons plus particulièrement à la façon dont elle marque l’école primaire. À l’heure où celle-ci est sommée de répondre à des enjeux de réussite, de réduction des inégalités et d’inclusion de toutes et tous, la forme scolaire se retrouve alors interrogée dans ses fondements.
Dans ce paysage en mutation, la question de la manière de « faire école » à l’école primaire se pose avec un intérêt renouvelé.

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Le corps de l’élève dans le cadre scolaire

 

L’histoire de la forme scolaire (Vincent et al., 1994) nous montre à quel point l’école conditionne la réussite à l’assimilation par le corps des normes spécifiques imposées par l’institution scolaire. Considéré comme un élément perturbateur brouillant les apprentissages, le corps de l’élève est constamment assujetti au contrôle des regards enseignants. En effet, le fonctionnement de la classe repose sur le principe de l’acceptation et de l’intériorisation des normes scolaires par les élèves : le corps doit être docile, discipliné, immobile, redressé, attentif et concentré, c’est-à-dire prêt à accueillir le savoir. Il apprend à s’adapter, parfois à s’effacer ou, par opposition, à aller à l’encontre des normes imposées, ce qui génère alors les comportements tant redoutés par l’équipe éducative comme le manque d’attention, l’agitation permanente ou certaines attitudes jugées provocantes ou irrespectueuses (Boudlali et Zanna, 2023).

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L’école joue-t-elle le jeu des partenariats ?

Si on sait qu’apprendre ne se fait pas seulement à l’école, la période de confinement renforce cette idée, en bousculant le cadre scolaire qui s’invite à la maison. Cela redessine en permanence la frontière entre le pédagogique et le ludique, le scolaire et le familial. Les enfants ont cependant l’habitude de devoir faire le lien entre tous ces temps éducatifs, souvent pris en charge par différentes personnes, comme par exemple dans les temps périscolaires (voir le Dossier de veille Aux frontières de l’école ou la pluralité des temps éducatifs par Marie Gaussel en 2013, voir également la série d’articles consacrée aux relations école-famille La continuité pédagogique à la recherche d’une véritable coéducation, Les parents, des partenaires particuliers de l’école).   

Le Dossier de veille n° 134 Travailler en partenariat à l’école prend la suite du Dossier de veille sur la coéducation entre école et parents (Coéducation : quelle place pour les parents par Annie Feyfant en 2015) en élargissant le propos à d’autres exemples de partenariats scolaires pris dans divers domaines. En effet, qu’ont en commun la réforme des rythmes scolaires, l’éducation artistique et culturelle, l’éducation à la citoyenneté et la lutte contre le décrochage, entre autres ? Elles impliquent souvent des acteurs et institutions en dehors de l’école – des collectivités locales, des associations, des institutions culturelles, etc. –  qui sont mobilisés pour atteindre des objectifs dont on considère à la fois que l’école devra dorénavant les prendre en charge, mais dont on sait qu’elle n’y arrivera pas toute seule. 

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