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Peut-on aider les étudiants à réussir leur entrée dans l’enseignement supérieur ?

A la question de savoir si on peut aider les étudiants à réussir leur entrée dans l’enseignement supérieur, on est tenté de répondre “oui, évidemment” ! Pour autant, les pouvoirs publics s’interrogent depuis plus de 20 ans sur la manière de lutter contre l’échec et l’abandon à l’université, sans obtenir de résultats satisfaisants : bien au contraire, ces phénomènes semblent s’aggraver (pas seulement en France, d’ailleurs).

Le sujet est également abondamment traité par les chercheurs : nombre d’études se sont intéressées à cette nouvelle population étudiante qui, avec la massification, peut désormais prétendre à la poursuite d’études supérieures. Les inégalités, tant en termes d’accès que de réussite, et les difficultés que rencontrent les étudiants font également l’objet d’une littérature extensive.

Alors pourquoi revenir sur le sujet aujourd’hui avec ce nouveau dossier d’actualité de la VST ? Peut être parce que c’est seulement récemment que l’on parvient à prendre effectivement toute la mesure des efforts à consentir !

… que l’on prend conscience que ces phénomènes d’échec et d’abandon ne touchent pas seulement ceux qui s’inscrivent librement à l’université (d’ailleurs de moins en moins nombreux), mais que les filières courtes (surtout STS) et les écoles d’ingénieurs, malgré la sélection qu’elles opèrent, ne sont pas épargnées ;

… que l’on accepte que ceux qui échouent sont aussi parfois ceux qui réussissaient bien au lycée, que l’on admet que le discours commun sur la baisse de niveau et l’inadéquation scolaire n’est plus tenable et que l’échec ne peut décemment plus être imputable aux seuls étudiants ;

… que l’on comprend enfin qu’il ne s’agit plus de trouver LA solution (ex : le tutorat méthodologique) qui résoudra tous les échecs, mais qu’il s’agit bien d’avoir une approche plus “holistique” qui inclut, certes, des dispositifs d’accompagnement personnalisé, mais suppose également des transformations en termes d’offre de formation, d’organisation pédagogique et de pédagogie…

Bref, ce dossier, intitulé Réussir l’entrée dans l’enseignement supérieur, se propose de faire le point sur la question. Il se concentre sur le début du parcours des étudiants et les dispositifs d’aide à la réussite qui sont aujourd’hui proposés.

Après une première partie qui s’attache à mettre en évidence les spécificités françaises en termes d’accès et de réussite, il examine dans un deuxième temps les facteurs de risque, à la fois d’ordre contextuel et individuel, qui marquent l’entrée dans la vie étudiante, à la lumière des parcours et des expériences des étudiants. Dans une troisième partie, il aborde les différents dispositifs susceptibles d’aider les étudiants à entrer dans leur nouveau métier, et met au jour les approches multidimensionnelles qui sont aujourd’hui privilégiées.

Formation VST “se repérer et organiser sa veille” : à vos agendas

La Veille scientifique et technologique de l’INRP propose pour la deuxième année consécutive une formation intitulée se repérer et organiser sa veille dans la recherche en éducation. Cette formation se déroule sur 5 jours non sécables, du 10 au 14 janvier 2011, à Lyon. Pour celles et ceux qui sont intéressés, vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire auprès du service formation de formateurs de l’INRP.

Cette formation – gratuite – s’appuie sur l’expérience des membres de la VST en matière de cartographie francophone et internationale et en matière de synthèse de la recherche contemporaine en éducation. Elle vise à fournir une sorte d’approche générale, permettant ensuite à chacun d’approfondir en fonction de ses besoins propres.

Son originalité : lier étroitement la méthode au contenu. Autrement dit, il s’agira pour les participants, de développer leurs compétences documentaires non pas seulement au travers de méthodes et d’outils bibliographiques labélisés comme tels, mais aussi à l’aune d’une connaissance nécessaire du champ de la recherche en éducation. Continuer la lecture de « Formation VST “se repérer et organiser sa veille” : à vos agendas »

Apprentissages nomades : que sait-on aujourd’hui ?

Alors que téléphones cellulaires, lecteurs mp3 et micro-portables se banalisent et que leurs fonctionnalités respectives sont de plus en plus convergentes, leurs usages dans l’enseignement posent question. Les travaux du Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement de l’OCDE (programmes L’école de demain ou Apprenants du nouveau millénaire), ceux de l’Unesco dans le cadre du Sommet mondial sur la société de l’information, ou encore ceux du New media consortium placent néanmoins l’Internet mobile au cœur de l’éducation et de la formation du XXIe siècle. Dans cette mouvance,  de plus en plus nombreux sont ceux, chercheurs et praticiens, qui s’intéressent au potentiel pédagogique des technologies mobiles, qui innovent en expérimentant de nouveaux scénarios d’apprentissage, dans et hors la classe, tant en Europe qu’ailleurs. En quoi ces outils peuvent-ils servir la pédagogie ? En quoi préfigurent-ils une évolution des modes d’apprentissage ?

En France, les premiers jalons de l’apprentissage nomade ont été posés avec les opérations visant à doter les collégiens d’ordinateurs portables. L’apparition des clés USB dans les cartables numériques des enseignants et des élèves en 2006, couplée à la distribution de logiciels libres, en constitue un autre signe tangible, même si la distribution d’outils n’en préjuge pas l’usage. L’utilisation de la baladodiffusion pour l’apprentissage des langues et dans l’enseignement supérieur, est fortement encouragée, notamment par Educnet.

Mais le recul demeure complexe, ne serait-ce que parce que les technologies sont volatiles, que les usages ne cessent de s’inventer et que la visibilité de ces mêmes usages est souvent restreinte. L’appréhension des perspectives de ce que les anglo-saxons nomment mobile learning, doit pouvoir bénéficier des apports conceptuels de la recherche d’une part, et miser sur une mutualisation plus large des expériences d’autre part. Continuer la lecture de « Apprentissages nomades : que sait-on aujourd’hui ? »

Visite d’un CIO au Danemark : UU Copenhagen

Ce billet sera vraisemblablement le dernier d’une série de 5 consacrés au Danemark, suite à la visite d’études à laquelle j’ai participé fin mai. Pour mémoire, 3 (1, 2 et 3) étaient consacrés à la recherche en éducation au Danemak et aux travaux de type evidence-based education menés à la Danish School of Education (DPU), un 4e portait sur la coopération transfrontalière (DK / SE) en matière d’éducation soutenue par l’agence Öresunddirect. Et celui-ci qui se propose de rendre compte de la visite d’un CIO à Copenhague ; où l’on découvre que l’appellation “CIO” est cependant peu adaptée ; à moins que ce soit l’expression “centre d’information et d’orientation” française qui soit usurpée ?

Ungdommens Uddannelsesvejledning (UU Copenhagen) est l’un des 45 centres municipaux créés en 2004 à l’occasion de la réforme des services d’orientation au Danemark. Ces centres se concentrent sur l’accompagnement des jeunes de 12 à 25 ans dans les transitions vers l’enseignement secondaire supérieur (général ou professionnel) et vers le marché de l’emploi. Les 7 centres régionaux Studielvag, également créés en 2004, s’occupent pour leur part de l’entrée à l’université et de l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur.

Toutes les politiques d’éducation sont tendues vers des objectifs chiffrés ambitieux, à atteindre pour 2015 : 95% des élèves doivent achever leur scolarité secondaire (générale ou professionnelle) tandis que dans le même temps, c’est un taux de 50% de diplômés de l’enseignement supérieur qui est visé, en droite ligne avec les recommandations de Lisbonne. Ce benchmark de 95% semble exercer une pression forte sur l’ensemble des professionnels, quel que soit leur positionnement sur l’échiquier de l’enseignement obligatoire, et les conseillers d’orientation sont ici en première ligne.

Le centre visité est le plus grand de Copenhague. Les quelques 120 employés qui y travaillent sont regroupés en 4 équipes : Continuer la lecture de « Visite d’un CIO au Danemark : UU Copenhagen »

Coopération transfrontalière : Oresund 2.0

Lors d’une récente visite d’études organisée par les membres danois et suédois du réseau Euroguidance sur le thème “Guidance in the bordering region of Oresund“, j’ai pu, avec 12 participants en provenance des autres pays européens, appréhender les dispositifs d’orientation déployés dans chacun de ces deux pays, tant auprès des élèves du secondaire, que des étudiants et des adultes.
Mon intention ici n’est pas de faire un compte-rendu détaillé des échanges extrêmement riches de cette semaine européenne, ni même d’en faire une analyse somme toute peu étayée et nécessairement partiale ; il s’agit plutôt de vous soumettre, de façon assez descriptive, ce que je considère finalement comme le plus marquant a posteriori (soit un peu plus d’un mois après le retour). Je retiendrais donc les visites suivantes :

  • celle de l’agence Öresunddirect à Copenhague, chargée de promouvoir la coopération dans la région frontalière d’Öresund (DK / SE), notamment en matière d’éducation et de formation,
  • et dans un 2e billet celle du centre municipal d’orientation Ungdommens Uddannelsesvejledning (UU) Copenhagen : un des 45 centres municipaux créés en 2004, qui se concentrent sur l’accompagnement des jeunes de 12 à 25 ans dans les transitions vers l’enseignement secondaire supérieur et vers le marché de l’emploi.

L’agence Öresunddirect est un service public d’information, créé pour encourager la mobilité et l’intégration des personnes (travailleurs, étudiants et apprentis) et soutenir l’activité économique dans la région frontalière de l’Öresund (3,7 millions d’habitants). Continuer la lecture de « Coopération transfrontalière : Oresund 2.0 »

Evidence-based education à la DPU : exemple d’une revue systématique sur les compétences des enseignants

suite des billets
– « La recherche en éducation au Danemark : vers plus de centralisation »
– et  « L’école danoise d’éducation (DPU) : enseignement, recherche et bonnes pratiques »

Un des premières étapes de la revue systématique consiste à constituer l’équipe qui réalisera la « review », et donc de « recruter » les chercheurs, danois ou non, qui connaissent la problématique traitée.

Ensuite le travail se décompose grossièrement en trois temps, et s’échelonne sur une durée de 3 à 9 mois selon le cas : la documentation existante est identifiée par l’équipe du Clearinghouse, selon une stratégie de recherche prédéfinie ; chaque étude est ensuite évaluée, conjointement par les chercheurs et les membres de l’équipe du Clearinghouse, en vue de sélectionner celles qui seront retenues pour l’analyse détaillée. Enfin, ces mêmes chercheurs préparent leur réponse à la question de départ, en s’appuyant explicitement sur les conclusions extraites des études sélectionnées ; cette extraction a auparavant été réalisée en binôme par un chercheur et un membre du Clearinghouse qui sont tenus de s’accorder sur les résultats à extraire, et surtout d’en évaluer l’importance (« weight of evidence »).

Rien de bien novateur ici me direz-vous, à juste titre ! C’est dans le détail de la méthodologie que se fait la différence. Chaque étape du processus est documentée à l’aide de grilles standardisées, inspirées de celles produites par l’EPPI-centre et éventuellement ajustées en fonction du thème de la revue. Chaque décision prise, quelle que soit l’étape, est notée. La transparence du protocole d’une part et la traçabilité des décisions d’autre part constituent des éléments clés caractéristiques de la méthodologie employée. Rien n’est laissé au hasard, en apparence évidemment, ne me faites pas penser ce qui ne me viendrait pas à l’esprit !!!

La revue systématique réalisée en 2008 pour le compte du Ministère de l’éducation norvégien, intitulée Teacher competences and pupil achievement in pre-school and school (pdf, 101 pages) offre un exemple concret des différentes étapes mentionnées et de la synthèse produite à l’issue du processus de rewiewing. La question de départ était : « Which dimensions of teachers’ manifest competences can be shown, through effect studies, to contribute to pupil achievement? ». Continuer la lecture de « Evidence-based education à la DPU : exemple d’une revue systématique sur les compétences des enseignants »