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Langues vivantes et relations internationales au CDI – compte rendu de la journée des professeurs documentalistes de l’Hérault

Le CRDP de Montpellier a organisé le jeudi 10 décembre une journée d’étude à destination des professeurs documentalistes de l’Hérault. Se sont succédés à la tribune le matin les directeurs du CRDP et du CDDP, puis des Inspecteurs d’académie (IA_IPR) de vie scolaire, d’espagnol et d’anglais, ainsi qu’une documentaliste ayant participé à des projets en lien avec les langues dans son établissement, et enfin la responsable DAREIC.
Des stands ont été présentés sur le temps du repas de midi (projet de correspondance avec etwinning, ressources multimédia avec lesite.tv, des ressources d’éditeurs, le CDDP et l’association Openenglishweb (ressources éducatives libres pour l’enseignement d’anglais)). L’après-midi a été consacrée à des ateliers : correspondance et relations internationales ; collaborations professeurs-documentalistes et professeurs de langue / assistants de langues ; politique d’acquisition et mise à disposition de ressources.

Les professeurs documentalistes dans les établissements scolaires du secondaire occupent une place centrale : ils sont à la croisée de toutes les disciplines, et ont un rôle important à jouer dans les différents projets d’apprentissage. Le recours aux TICE (certification B2i), la mise en place du socle commun de compétences, l’organisation des TPE ou  IDD, autant de pratiques qui rendent la collaboration entre enseignants et documentalistes indispensable.

L’apprentissage d’une langue étrangère a pris une autre dimension avec la mise en place du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues et l’approche actionnelle. Les enjeux de l’apprentissage d’une langue sont liés à la construction européenne et au maintien de la paix entre les peuples. Le conseil de l’Europe souhaite que tous les élèves apprennent au moins deux langues étrangères. La langue étrangère est non pas une fin en soi mais un outil au service de la communication entre les peuples, pour une meilleure connaissance les uns des autres, pour se construire des valeurs communes. D’où la volonté de multiplier les échanges linguistiques (voir les programmes européens pour le secondaire et le supérieur) et de proposer aussi un apprentissage intégré d’un contenu et d’une langue.

la collaboration entre les professeurs documentalistes et les professeurs de langues est nécessaire (c’est aussi vrai pour les autres enseignements). Tout comme l’intégration des nouvelles technologies modifie le rôle de l’enseignant, le professeur documentaliste devient un passeur de savoir (médiateur, accompagnateur), un passeur de culture (il ne peut y avoir d’apprentissage d’une langue étrangère sans visée culturelle). Il reste en même temps un pédagogue : il va placer l’élève en situation de réactiver les acquis de la langue. La relation pédagogique dépasse le cadre du cours stricto-sensus. En effet, le temps d’exposition à la langue doit être largement augmenté : les horaires des programmes en langues ne sont pas suffisants et ne peuvent pas prétendre être la seule source pour les élèves. Le monde virtuel de fait rend cette exposition plus importante. Il est nécessaire de doter les élèves de la capacité à être un locuteur habile en diverses situations. L’inspecteur d’anglais a parlé de “linguafacturer” quelque chose (tout comme l’on manufacture des objets) : c’est la perspective actionnelle qui donne à utiliser la langue dans un but précis, et dans une situation donnée.

Le recours au numérique permet de diversifier les ressources et d’avoir recours à des documents authentiques très facilement. Les projets de balado-diffusion sont à ce titre intéressants. Il a (peu) été mentionné les aspects législatifs relatifs à l’utilisation de telles ressources (les licences libres ont été abordées). La question de l’indexation de ces ressources en langues étrangères (que ce soit en ligne, mais aussi concernant les abonnement à des revues ou magazines) a été soulevée. Comment faire pour tenir à jour  cette masse d’information, dans une langue étrangère pas toujours connue du professeur documentaliste ?

Cette journée a mis en lumière l’articulation entre l’apprentissage des langues vivantes et l’utilisation du CDI, qui permet des ouvertures pour les élèves à la fois sur l’étranger, mais aussi sur des situations d’apprentissages variées. Cela nécessite une redéfinition des rôles, tant pour les professeurs (documentaliste et de langue) que pour les élèves. La volonté politique européenne de développer l’apprentissage des langues étrangères met de fait à contribution les documentalistes.


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Rémi Thibert (19 décembre 2008). Langues vivantes et relations internationales au CDI – compte rendu de la journée des professeurs documentalistes de l’Hérault. ÉDUVEILLE. Consulté le 19 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/o3jk